SOCIETE GENERALE
30/01/2008 | 22:26
Une fois n'est pas coutume, je commence mon billet d'aujourd'hui
par le commentaire d'une internaute, parce que cela « campera » bien
le personnage de Mr Bouton, comme de tous les « sans cas de conscience »
d'aujourd'hui :
abstinente :
Bonjour je suis une ancienne employée de la S.G. J'ai dû me faire
licencier après deux ans de négociation !!!! Passant par des moments extrêmement
difficiles psychologiquement... Depuis que MR BOUTON a été nomme président, cela
a été un enfer, plus de rentabilité, au détriment de la relation clientèle… IL
m a fait cette réponse… MAIS, MADAME .IL
FAUT ACCEPTER LES METHODES D AUJOURDH UI... ON NE VOUS DEMANDE DE FAIRE DU
SOCIAL... MAIS DE LA RENTABILITE, SANS CAS DE CONSCIENCE… désolée mais je ne
pouvais m y résoudre !!! Les clients ne sont pas QUE... des numéros ! J'ai
pris un congé !!! En me remariant... HELAS au bout d un an et demi mon époux
est décède. Je résidais alors sur ANGERS, j avais donc fait une demande de
mutation. Celle-ci était prête en accord avec le directeur de la nouvelle agence...
OR A PARIS ou j'étais affectée avant mon mariage il m a été
signifié que je resterais sur PARIS... J'étais
chargée de clientèle. J'AI EU L' OBLIGATION de faire l'aller retour ANGERS>>>PARIS
pour un poste en administratif... un beau bureau, un ordinateur, et rien a
faire de la journée !!! De plus, sans horaires aménagés ! EN FAIT, J'ETAIS
MISE AU PLACARD... MA DEMISSION AURAIT ETE LA BIENVENUE !
22 ANS DE SOCIETE>>>>A MEDITER ! J AI
CONSTATE SUR PLACE... QUE JE N'ETAIS PAS LA SEULE DANS CE
CAS>>>HELAS...
Mirabelle : Revenons à Mr Bouton, je me pose une
question : -Comment un simple salarié peut-il, sans que ses employeurs s'en
rendent compte, générer autant de pertes ?
D'après ce que j'ai entendu aux infos, les pratiques de
dissimulations des pertes par de fausses écritures sont monnaies courantes dans
le monde des traders. Les employeurs en seraient parfaitement informés. Ce qu'ils
demanderaient en premier comme d'habitude : des résultats. Pour avoir des
résultats importants, il faut prendre des risques. Les traders prennent donc
des risques tous les jours et ils ont des résultats importants… En principe. Car
nous pouvons constater qu'il y a des exceptions qui confirment la règle…
Que la direction de la Société générale ait été au courant des
« faux en écriture » ne fait aucun doute pour moi. J'espère que l'enquête
éclaircira toute l'affaire et surtout que nous serons informés de ses
résultats.
Par contre, s'il venait à être prouvé qu'effectivement les
employeurs de tous les traders sont au courant de ses « dissimulations »,
cela porte un nom : la
complicité. Et à cet égard, Mr Bouton doit être entendu… Pour
l'instant, et jugé ensuite comme il se doit !
J'approuve sa décision de présenter sa démission… Tout
autant que la décision des dirigeants de le maintenir en fonction (sous
surveillance) tout le temps que durera la période critique pour la banque. Il se pourrait
aussi que l'annonce d'OPA, concomitante avec les événements qui nous
préoccupent, soit moins fortuite qu'il n'y paraît… Donc il faut resserrer les
rangs !
De plus les pratiques en vigueur montrent que les opérations
boursières ne sont visiblement pas suffisamment sécurisées. Notre argent (je
veux dire celui des épargnants) est-il en sécurité à la banque ? Il faudra
bien que quelqu'un réponde à cette question !
Après que, dans ses discours, Nicolas Sarkozy ait dit qu'il
trouvait qu'il fallait « remettre de l'ordre » dans les
réglementations des pratiques boursières (suite aux délocalisations), et
récemment il a dit aussi qu' « en bourse il était possible de gagner
beaucoup tout autant que de perdre beaucoup », j'attends des mesures
efficaces… Et avec son habitude d' «activer le mouvement », je les attends
rapidement !
Document archivé pour mémoire : Bouton maintenu comme PDG à la
Générale
Daniel Bouton, Pdg de la Société Générale.
© AFP - Martin Bureau
Le conseil d'administration de la Société Générale
mercredi "a renouvelé sa confiance à l'unanimité" à Daniel Bouton
Le PDG de la banque est maintenu dans ses fonctions, ainsi que son
numéro 2, Philippe Citerne.
Un comité spécial a été créé pour gérer la crise provoquée par
l'affaire du trader accusé d'avoir fait perdre 5 milliards d'euros à la Société Générale. Daniel
Bouton n'en fera pas partie, ce qui est "normal", a-t-il déclaré
sur France 2.
Le Pdg de la
Société Générale a ajouté sur la chaîne publique à propos des
rumeurs d'OPA de la part de la
BNP Paribas, que sa banque pouvait rester indépendante,
puisque "les capitaux sont là" et qu'elle est toujours "bénéficiaire",
malgré l'affaire.
"Nous subissons cette perte gigantesque et l'entreprise est tellement
forte que nous sommes restés bénéficiaires, a-t-il ajouté. "Nous allons
contrôler mieux la partie qui était en train d'aller un peu trop vite",
a-t-il ajouté.
Interrogé sur les propos de Nicolas Sarkozy évoquant ses responsabilités,
interprétés comme un appel à sa démission, Daniel Bouton a répondu : "Je
n'ai pas à commenter les déclarations du président de la République. Dans
une démocratie, ce n'est pas à moi de le faire".
Une perquisition a d'autre part été effectuée mercredi au domicile
parisien du frère de Jérôme Kerviel, en relation avec les anciennes
activités bancaires de ce parent.
Moins de marge de manœuvre pour le PDG : Selon la Société
Générale, le comité spécial, composé de trois
personnes, aura pour mission notamment de s'assurer que "la
gestion de la situation est bien conduite dans l'intérêt de l'entreprise,
de ses actionnaires, de ses clients et de son personnel".
Le comité devra aussi s'assurer que "les causes et les montants des
pertes de trading annoncées ont bien été complètement identifiées",
que "des mesures ont été -ou sont- mises en place pour éviter
la survenance de nouveaux incidents de même nature" et que
"l'information diffusée par la banque rend compte fidèlement des
constatations des investigations".
Trois "administrateurs indépendants" forment ce comité: l'ancien
PDG de PSA Peugeot Citroën Jean-Martin Folz, qui le préside, Jean Azéma,
le directeur général de Groupama, et Antoine Jeancourt-Galignani,
président du Comité de sélection et de rémunération.
Rumeur d'OPA : manifestation de salariés Des salariés de la
Société Générale veulent se rassembler jeudi après-midi pour
demander que le groupe reste "indépendant" et ne soit pas
"démantelé", alors que circulent des informations sur une
possible OPA.
Mercredi, la
Société Générale a qualifié de "rumeur sans
fondement" une information selon laquelle le président Daniel Bouton se
serait déclaré, devant le conseil d'administration, favorable à l'étude d'une
offre publique de rachat amicale. L'action de la Société Générale
avait réagi en vive hausse à cette rumeur.
De son côté, le ministre du Budget Eric Woerth a écarté tout
risque d'un démantèlement de la Société Générale. "Je crois
qu'il n'y pas de risque. C'est des questions qui n'ont pas lieu de se
poser", déclarait Eric Woerth à la sortie du Conseil des ministres,
commentant les conséquences de la perte de 4,8 milliards par la banque suite à
une vaste fraude.
Plainte des actionnaires salariés L'Association des actionnaires salariés de la
Société Générale a décidé de déposer une plainte contre X. L'ASSACT
SG a expliqué mercredi matin qu'il était "de son devoir de
contribuer à faire toute la lumière sur les récents mécomptes dont sont
victimes tous les actionnaires de la Société générale et notamment les
salariés et anciens salariés".
Son président, Patrice Leclerc, précise que "les salariés et anciens
salariés de la Société Générale sont le premier actionnaire du
groupe, et représentent près de 10% du capital et plus de 10% des droits
de vote".
De son côté, le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF),
Michel Prada, a indiqué mercredi que l'enquête ouverte par l'AMF sur la Société Générale
allait "examiner le cours de l'entreprise sur une longue
période", ainsi que ses informations communiquées aux marchés.
"L'enquête se fera de façon très classique et prendra vraisemblablement
un peu de temps", a dit M. Prada lors d'une audition devant la
commission des Finances du Sénat. "Ce dont nous avons à nous
préoccuper est si, parmi les intervenants du marché, certains ont
bénéficié d'informations privilégiées", a aussi déclaré M. Prada.
L'annonce mardi par l'AMF de l'ouverture d'une enquête est intervenue
cinq jours après la révélation par la Société Générale
de pertes énormes liées à une "fraude" interne et aux emprunts
à risque, pour un total de près de 7 milliards d'euros.
Bouton reçoit quelques soutiens Mercredi matin, Philippe Pruvost, l'un des deux administrateurs
salariés de la banque, a déclaré que le personnel allait "faire
corps" pour que Daniel Bouton reste à la tête du groupe, peu avant le
début d'un conseil d'administration au siège de la banque à La Défense. Un peu plus
tard, plusieurs centaines de salariés de la Société Générale se sont
brièvement rassemblés devant le siège de la banque, à La Défense, alors que
le conseil d'administration se tenait.
La Société Générale a beau être une banque privée, elle n'échappe pas aux
prises de position politiques. Mardi, si la ministre de la Justice Rachida
Dati a déclaré ne pas avoir "à se prononcer sur la démission de
Daniel Bouton", elle n'en a pas moins ajouté : "Je dis
simplement : il est président de la Société Générale, sa responsabilité peut
être engagée."
C'est Nicolas Sarkozy qui avait donné le ton lundi. Une crise comme celle de de
la Société Générale "ne peut pas rester sans conséquences s'agissant
des responsabilités", y compris au plus haut niveau, avait-il estimé,
interrogé par la presse sur le PDG de la banque, Daniel Bouton. "Je n'aime
pas porter de jugement personnel sur les gens, surtout quand ils sont dans
la difficulté, mais on est dans un système où, quand on a une forte
rémunération qui est sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on
ne peut pas s'exonérer des responsabilités".
Dans la foulée, le président UDF de la commission des Finances du Sénat Jean
Arthuis assurait que Daniel Bouton ne pouvait "pas faire autrement
que partir".
De son côté, la ministre de l'Economie Christine Lagarde s'est démarquée de ces
positions, déclarant devant la commission des finances du Sénat
qu'elle n'était "pas convaincue" qu'il faille "changer
de capitaine" à la tête de la Société Générale.
La ministre doit remettre vendredi à François Fillon le rapport qu'il lui
a demandé sur la "fraude", et qui est élaboré avec les services de
Bercy, la Commission bancaire et l'Autorité des marchés financiers. Un rapport
qui doit établir la chronologie des faits, déterminer pourquoi les contrôles n'ont
pas fonctionné.
"Il faut arrêter de faire de la démission ou du départ de M. Bouton
la solution à la crise actuelle", a renchéri le premier secrétaire du
parti socialiste François Hollande.
Daniel Bouton s'était défendu, dès samedi, dans un entretien au Figaro. Il avait réfuté notamment toute dissimulation :
"Ce qui est arrivé à la Société Générale n'a rien à voir avec une
catastrophe qui aurait été le fait de notre stratégie. Cela s'apparente à
un incendie volontaire, qui aurait détruit une grosse usine d'un groupe
industriel".
Daniel Bouton, 57 ans est à la tête de la Société Générale
depuis 1997. Il a présenté sa démission la semaine dernière au conseil
d'administration, qui l'a refusée.
Jérôme Kerviel incrimine sa hiérarchie Mis en examen pour "faux, usage de faux, abus de confiance et
introduction dans un système de traitement automatisé de données", Jérôme
Kerviel doit à nouveau être entendu par les juges Van Ruymbeke et Desset dans
les jours prochains.
Lors de sa garde à vue de 48 heures (entre samedi et lundi), le trader
incriminé dans la fraude massive à la Société Générale
a suggéré que sa hiérarchie était au courant de l'importance des sommes qu'il
avait engagées, selon une information du site Mediapart, confirmée par une
source judiciaire.
"Je ne peux croire que ma hiérarchie n'avait pas conscience des montants
que j'engageais, il est impossible de générer de tels profits avec de petites
positions", a notamment déclaré le trader, selon des extraits de son
procès-verbal d'audition publiée par Mediapart.
"Ce qui m'amène à dire que lorsque je suis en positif, ma hiérarchie
ferme les yeux sur les modalités et les volumes engagés. Au quotidien, au
titre d'une activité normale avec des engagements normaux, un trader ne
peut générer autant de cash", a-t-il ajouté. Des propos confirmés de
source judiciaire. "Je reste persuadé qu'ils étaient au courant de mes
positions", a-t-il poursuivi, assurant que "plusieurs
alertes" étaient parvenues à ses supérieurs.
Selon "Le Canard", à l'été 2005, sans couvrir ses positions,
Kerviel avait réalisé une plus-value de 500.000 euros en pariant à la
baisse à la bourse de Londres, juste avant les attentats dans la capitale
britannique. "Tu as eu de la
chance. Ce coup-ci, tu as gagné, la prochaine fois
tu pourrais perdre. On ne peut pas travailler comme cela", lui aurait
alors dit sa hiérarchie, a relaté le trader aux policiers. La banque
aurait, selon l'hebdomadaire, tout de même empoché ce bénéfice.
Jérôme Kerviel, le trader de la Société Générale que la banque accuse de lui
avoir fait perdre 4,9 milliards d'euros, a été laissé libre. Il a quitté
discrètement le pôle financier de Paris sans que les journalistes puissent
l'interroger. Le jeune trader s'était présenté spontanément samedi à la
brigade financière.
Le parquet a fait appel de sa remise en liberté. Les juges d'instruction
chargés du dossier, Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset, n'ont pas retenu
les chefs de mise en examen "d'abus de confiance aggravé" et de
"tentative d'escroquerie" requis par le parquet.
La Société Générale a rejeté mardi l'idée d'un délit d'initié qui
aurait pu être commis par un de ses administrateurs. Un avis de l'AMF
publié lundi indiquait qu'un membre de son conseil d'administration,
Robert A. Day, a vendu pour 85,7 millions d'euros de titres Société
Générale le 9 janvier.
Christine Lagarde informée avant Sarkozy
? La ministre de l'Economie Christine Lagarde aurait été informée de
l'affaire de la
Société Générale dès le dimanche 20 janvier au soir, trois
jours avant que le président Nicolas Sarkozy l'apprenne, a affirmé Europe 1
mardi. La radio dit avoir obtenu son information "de source sûre proche de
la Société Générale".
Elle aurait été prévenue du scandale en même temps que le gouvernement de la
Banque de France, Christian Noyer, et le président de l'Autorité des marchés
financiers, Michel Prada. Bercy a "catégoriquement" démenti.
"Je peux vous dire qu'elle était au courant le mercredi 23 janvier au
matin", a déclaré le porte-parole de la ministre.
Sur LCI, mardi matin, à la question "Quand avez-vous été
prévenue ?", Christine Lagarde a répondu : "J'ai été prévenue
mercredi matin et j'ai prévenu le Premier ministre dès que je l'ai su, donc le
gouvernement était informé et le président de la République a été informé
mercredi". Interrogée sur le délai que s'est accordé le gouverneur de la
Banque de France avant d'avertir le gouvernement, la ministre a dit attendre
des explications avant de se prononcer.
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Rappel de l'affaire
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Jeudi 24 janvier, la Société Générale annonce avoir été
victime d'une "fraude" de 4,9 milliards d'euros, concernant
ses activités de produits financiers dits dérivés. Cette annonce a
éclipsé une autre perte de 2 milliards d'euros, liées à la crise de
"subprime".
La banque explique que l'un de ses traders, Jérôme Kerviel, 31 ans, a
profité de "sa connaissance approfondie des procédures de
contrôle" pour "dissimuler ses positions grâce à un montage
élaboré de transactions fictives". Il aurait ainsi dissimulé des transactions
portant sur plusieurs milliards d'euros. Le trader est mis à pied
et la Banque de France annonce qu'elle va diligenter une enquête.
Le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire, confiée à la
brigade financière, après la plainte d'un actionnaire. La Société Générale
dépose elle aussi une plainte pour "faux en écritures de banque,
usage de faux en écritures de banque et intrusions informatiques.
Le PDG de la
banque Daniel Bouton annonce qu'elle va procéder à
une augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros pour renforcer ses
fonds proopres.
Dimanche, la banque précise dans une "note explicative" que
les positions frauduleuses prises par son trader atteignaient
"environ 50 milliards d'euros" avant d'être liquidées dans
l'urgence, les pertes se montant finalement à 4,9 milliards d'euros.
La position frauduleuse a été "débouclée" (vendue) en trois
jours, "suivant un mode opératoire contrôlé", c'est-à-dire
dans des limites de volumes inférieures à 10% des volumes traités sur
les indices européens concernés, pour "respecter l'intégrité des
marchés. L'opération était terminée le 23 janvier au soir.
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Kerviel: escroc ou jeune trader ambitieux ?
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"Un terroriste, un escroc, un fraudeur", dit de Jérôme
Kerviel le président de la Société générale Daniel Bouton. "Un
garçon comme il faut à qui l'on fait porter un chapeau bien trop large
pour lui", répond un membre de sa famille qui souhaite garder
l'anonymat. A défaut de savoir exactement quelles sont les
responsabilités du jeune trader de 31 ans qui a destabilisé
la finance mondiale, voici ce que l'on sait de lui.
D'origine bretonne, Jérôme Kerviel est issu de la classe moyenne. Sa
mère tient un salon de coiffure à Pont-l'Abbé. Son père, qui
travaillait dans un centre d'apprentissage près de Quimper, serait
décédé d'un cancer du foie il y a quelques années.
Entre à la
Société Générale en 2000 après une licence
à Nantes, il a obtenu un DESS "Management des opérations de marché
back et middle office" à l'Université Lyon-II en septembre 2000,
une formation en alternance, quatre mois à l'université et huit mois en
entreprise.
Avant d'être trader, ce brun aux traits fins remarqué des
femmes avait travaillé d'abord dans le "middle office",
l'un des départements qui contrôlent les traders, ce qui lui aurait
permis de connaître les systèmes de sécurité que la banque affirme
qu'il a déjoués.
Selon son CV publié par la presse, Jérôme Kerviel est un
passionné de voile et de judo. En 2001, lors des dernières élections
municipales, il figurait en position non éligible sur la liste du maire
UMP sortant, Thierry Mavic.
A la Défense, ses collègues se sont vus interdire par la direction de
parler de lui. Ceux qui acceptent néanmoins de le faire évoquent un
homme solitaire, qui n'avait pas pris de vacances depuis longtemps,
restait tard au bureau. "C'était juste un type normal. Quand
j'arrivais le matin, il était là et quand je partais le soir il était
toujours là. Ce n'était pas un génie ou quoi que ce soit dans ce genre.
Il travaillait beaucoup", dit un collègue.
Jérôme Kerviel gagnait 100.000 euros par an, salaire conséquent
mais sans rapport avec les gains fastueux atteints par les hauts
techniciens de la finance.
En misant 50 milliards d'euros pour le compte de la Société générale,
il n'espérait aucun enrichissement personnel, selon ses
employeurs. Ses motivations restent donc mystérieuses. Pour
le procureur de Paris Jean-Claude Marin, Jérôme
Kerviel aurait agi par ambition. "Il a agi comme un trader,
dépassant certes les autorisations, mais pas pour spolier la banque par
des opérations frauduleuses", a expliqué le magistrat lundi.
"Il espérait apparaître comme un trader d'exception, un
anticipateur de marchés, il voulait concrétiser les sentiments qu'il
avait sur le marché."
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