NORMALISATION
Avec un peu de retard, comme la date du document vous le dira, mais cette
information peut s'avérer intéressante à noter. Faut-il lire que nous allons
vers une normalisation de l'anglais comme langue européenne ?
24/10/2007 | 11:48
Brevets européens: fin du français obligatoire
L'Assemblée nationale
© France 2
Les députés ont donné mercredi leur feu vert à la ratification du Protocole
de Londres
Celui-ci supprime l'obligation de traduire en français les brevets
européens, un accord contesté par les souverainistes et qui divise les
partis.
Le projet de loi autorisant la ratification a été voté par l'UMP, le PS
et le Nouveau Centre.
Des députés souverainistes comme Jacques Myard (UMP) ou Nicolas
Dupont-Aignan (NI) mais aussi les socialistes Michel Vauzelle et Marc
Dolez ont voté contre, tout comme le groupe GDR (PCF-Verts).
Pas moins de trois membres du gouvernement, Valérie Pécresse (Recherche),
Jean-Pierre Jouyet (Affaires Européennes) et Hervé Novelli (Entreprises)
sont venus dans l'hémicycle défendre un accord signé sous le gouvernement
Jospin en 2001, à l'initiative de la France.
Le Protocole de Londres prévoit que les brevets soient
déposés dans l'une des trois langues officielles de l'Office européen des
brevets (OEB) -anglais, français et allemand- et supprime l'obligation de
les traduire dans chacune des langues des 32 pays membres de
l'organisation.
Les opposants affirment que cette dispense de traduction revient à
légaliser l'usage systématique du seul anglais pour les brevets.
Ses partisans expliquent à l'inverse que le français est consolidé en
étant reconnu comme langue officielle de l'OEB et assurent que les
économies de traduction feront baisser le coût des brevets.
Un comité, présidé par le linguiste Claude Hagège et réunissant
universitaires, chefs d'entreprises, avocats, parlementaires, bataille depuis
de longues années contre ce protocole rejeté également par la CGT et la
CFTC mais réclamé par le patronat (Medef et CGPME) et des organismes de
recherche comme le CNRS ou l'Inserm.
Lors d'un débat animé, Mme Pécresse en a appelé à "l'esprit des
Lumières", qui "doit être rallumé", conjurant les élus de
ne pas passer à côté d'un accord qui "fait du français l'une des
langues officielles de l'innovation en Europe".
M. Novelli a affirmé que "le coût des brevets européens constitue un
frein pour le dépôt des brevets et donc un obstacle à la création
d'emplois".
M. Jouyet a mis en garde contre une non-ratification qui induirait un
"coût politique très important" et bloquerait "l'entrée en
vigueur d'un accord que nous avions négocié à notre avantage en évitant
le tout-anglais que préconisaient certains pays".
La discussion générale a montré une forte division au sein de l'UMP et du
PS. Pierre Moscovici (PS), évoquant des discussions "pas
faciles" dans son groupe, a cependant jugé qu'"on pouvait être
attaché à la francophonie" et voter ce texte. A contrario, Didier
Mathus (PS) a fustigé "un recul qui menace le français et la
diversité linguistique". Le PS avait décidé à la mi-journée de voter
pour la ratification après un long débat.
Tandis que François Goulard (UMP) critiquait "la frilosité" de ceux
qui "défendent notre langue comme un monument historique",
l'ancien garde des Sceaux, Pascal Clément (UMP), montait au créneau
contre une ratification "singulièrement inopportune", assurant
que "d'ici 5 ans, 99% des brevets seront déposés en
anglais". M. Myard a mis en garde contre "une formidable colère
en train de monter sur l'usage de l'anglais".
Sur les 31 pays concernés, 13 ont ratifié le texte. L'accord de la France
est indispensable pour que le traité entre en vigueur.
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