CROISSANCE, RECESSION, CRISE IMMOBILIERE (Petit aparté
sur l'économie en général, et sur celle des Etats-Unis en particulier, via
Internet, je ne rajoute rien… L'avenir nous le dira…)
Mister Tom :
Mort de rire. Comme si des crédits d'impôts pouvaient
relancer une économie...
Les Etats-Unis sont au bord du gouffre, dans une situation pire qu'en
1929. Quelques chiffres:
* endettement de 220% du PIB contre 140% en 1928
* une durée hebdomadaire de travail de 33,7 heures à cause des petits boulots
précaires et des temps partiels obligés (taux qui ne compte pas les chômeurs).
* Une répartition des richesses la plus inégale depuis 1929 : sur les 5
dernière années, seuls les 5% les plus riches on vu leurs revenus augmenter,
quand les 95% restant les voyaient stagner ou franchement diminuer (étude de BNP-Paribas).
Mais c'est encore plus drôle quand on regarde une période plus longue. Au
hasard depuis que Reagan est arrivé au pouvoir. Entre 1979 et 2004 les revenus
des 20% les moins riches ont augmenté de 9%... quand ceux des 20% les plus
riches ont augmenté de 69%. Et ceux des 1% les plus riches de.... 176%; ils
gagnent d'ailleurs en moyenne 440 fois le salaire moyen américain. En 2006 la
croissance américaine était de 3% (fabuleux n'est-ce pas?) ; mais le revenu
médian individuel a baissé de 1,2%.
*37 millions d'américains vivent sous le seuil de pauvreté (1 sur 8), dont 13
millions d'enfants. Malgré la croissance entre 2000 et 2005, les pauvres sont
passés de 11, 3 à 12, 6%.
*2 200 000 américains sont privés de liberté (en taule ou par d'autres moyens).
A titre de comparaison c'est comme si la France avait 420 000 détenus contre 60
000 actuellement. Ce qui représente quand même 1,5% de la population active (et
qui ne pointent pas au chômage donc, pire vu qu'ils sont exploités en prison,
avec un salaire horaire bien inférieur a celui de salariés normaux qui
d'ailleurs se plaignent de la concurrence déloyale).
* 47 millions d'américains n'ont aucune couverture sociale. Selon les Echos (un
journal franchement gauchiste), la première cause de faillite personnelle est
due aux dépenses de santé.
C'est ça le nirvana libéral, le phare libéral de notre monde?
Alors oui on me dira, "oui mais la croissance américaine est de 1 point
supérieur a celui de la zone euro depuis 20 ans ". Certes, mais:
*La population des Etats-Unis a augmenté de 25% sur cette même période, principalement
grâce à l'immigration. 25% de plus qui vont travailler, consommer, bref avoir
un certain impact sur la
croissance. Si on retire cet aspect démographique, la
croissance américaine n'est plus que de 0,2 point supérieure.
* Durant cette période les ménages américains (tout comme l'Etat) se sont
considérablement endetté, pour consommer (ce qui maintient une certaine
croissance) la crise des subprimes en a donné un avant-gout. Si cette fois ci
on regarde A DETTE CONSTANTE, la croissance américaine est PLUS FAIBLE que
celle de la zone euro.
Voila ce qu'a fait Reagan et se successeurs: endetter les Etats-Unis pour
pouvoir surfer sur son modèle libéral (merci Friedman) et en jouant sur la
monnaie pour cacher les dégâts.
Quand la crise américaine de 1929
a fait sentir ses premières secousses, c'était un
président républicain qui était aux manettes. Enfin aux manettes c'est beaucoup
dire puisque l'interventionnisme de l'Etat était un insurmontable tabou (comme
il tend à le redevenir maintenant). On sentait que la spéculation augmentait,
que certains marchés allaient s'effondrer, qu'une bulle allait tôt ou tard
éclater (non ce n'est pas la première bulle spéculative de l'histoire, Au XVII
siècle il y avait déjà ce genre de phénomène, notamment sur le marché des
tulipes!). On a donc laissé ceux "qui savent" gérer. Le "bon
sens" (tiens c'est curieux, y a pas un bouquin actuel qui
s'appellerait "Le courage du bon sens" ?) a alors dicté les actions à
mener: les ventes s'effondrent? Bon c'est que le produit est trop cher, dont le
cout salarial est trop élevé, donc on baisse les salaires et on dégraisse.
Résultat appauvrissement de la société, donc baisse de la consommation, donc amplification
de la crise. Les
Etats-Unis s'en sont tiré en changeant de politique (et de
président) et ont lancé une idée folle: augmenter les salaires, même (surtout)
en période de crise. Étonnant non? Pas vraiment puisque c'est ce que faisait
Ford depuis au moins 10 ans. Ford a qui tout le monde riait au nez... jusqu'à
ce que la crise explose.
Joseph Boggs :
Ok Tom, ce qu'explique la baisse & l'effondrement de
dollar US en ce moment. La cause de tout ça aujourd'hui? La montée du prix du pétrole
brut?
Que c'est ce qui va nous arriver ensuite ? Une crise mondiale, la crise des subprimes
est une soupape, ça devait arriver. Par contre le prix du crédit en Europe va
monter, ce qui va faire baisser le prix de l'immobilier (plus personne peut se
payer un crédit - donc les acheteurs se feront plus rares). Le prix du crédit
finira par baisser car les banques ont besoin de vendre du crédit ( le prêt n'est
qu'un produit d'appel ) et en même temps le prix du pétrole brut baissera car
l'argent aussi se fera rare.
Lors du passage à l'Euro le prix du baril était d'environ 23 USD il y a que six
ans. Il est évident qu'une telle augmentation du prix doit finir par avoir un
effet adverse un moment ou un autre, mais le baril ne retrouvera jamais une
valeur si basse.
Mister Tom pour Joseph Boggs
La montée de pétrole brut n'est qu'un paramètre de plus. Un paramètre
extrêmement important, certes, mais même sans, les États-Unis (et le reste du
monde, Europe en tête) courent à la catastrophe. Au pire cela amplifiera la crise.
Les seuls moments ou la croissance était un peu moins molle
en France était les moments ou le prix du baril a décru. En particulier la
période 1997-2001 dont a profité le gouvernement socialiste (il faut être
honnête la bonne santé économique de ces années là n'est pas seulement due au
bon travail de la gauche, ou comme certains le croient au réformes engendrées
par la droite qui auraient préparé le terrain..). Avec à l'avenir un baril qui
peut monter selon les spécialistes à 300$ le baril dans les années 2010
(surtout si il y a une crise majeure avec des pays comme l'Iran et que la Chine
poursuit dans la même voie). A ce train là gauche & droite qui font le vœu
pieux un retour de la croissance comme solution miracle pour faire baisser le chômage
et relancer l'économie risquent d'être déçus. Surtout quand certains
économistes, aux vues des courbes de la croissance depuis les années 60
prévoient que la croissance atteindra péniblement les 0,8%.
jeanclaudefl1
Effectivement un dollar faible favorise les intérêts économiques
américains, comme le yuan ridiculement bas sert les intérêts de la Chine. Mais pour un
temps seulement. Rien que pour importer des matières premières (dont le pétrole
- les réserves stratégiques ne tiendront pas longtemps le coup avec le modèle
de vie américain) cela risque à la longue de poser un certain nombre de
problème. Et si l'Europe est trop molle et pétrie dans ses contradictions pour
réagir (tenir tête j'entends) aux États Unis, ce ne sera sans doute pas le cas
de pays émergents: L'Inde refuse actuellement que les touristes américains
payent en dollars, on peut gager qu'a l'avenir, si le dollar continue sur ce
train là, les pays de l'OPEP par exemple refuseront de livrer leur marchandise
contre des dollars...
Quant à savoir ce que va faire l'Europe... et bien pour l'instant elle investi
dans un jeune modèle prometteur... l'ultra libéralisme. Interdiction de l'interventionnisme
en économie, interdiction de toute forme de protectionnisme (ce que les
américains font sur certains secteurs), concurrence exacerbée érigée en modèle,
même là ou les américains n'ont pas osé le faire (le courrier par exemple),
suppression des quotas dans l'agriculture qui permettaient de réguler les prix
en évitant les pénuries ou la surproduction (cf. l'exemple du lait, qui était
une branche florissante de l'agriculture quand il y avait les quotas),
destruction des services publics, etc. Même les gouvernements sensés avoir une
tendance à gauche (Italie ou Espagne) tombent dedans (et pas du pied gauche).
En Espagne le miracle économique (du en grosse partie à l'immigration) va bientôt
laisser tomber le voile : 32% des emplois sont précaires, et les jeunes
Espagnols ne peuvent pas acheter leurs propres maisons : ils touchent en
moyenne entre 800 et 1000€ quand on ne trouve pas de location inférieure à
650€. L'Allemagne compte 7 000 000 de gens sous le seuil de pauvreté; 6 300 000
personnes ont des emplois à moins de 400€ par mois pour 15 H pars semaine (ce
qui explique encore que le temps de travail hebdomadaire allemand est pus
faible que le français..) a cause de la réforme des droits des chômeurs qui
sont donc encouragés à prendre n'importe quel travail. Sans une augmentation
record de la dette (des ménages en particulier) le Royaume Uni serait en
récession depuis 2002. Bref l'Europe tend à suivre le même modèle que les Etats
Unis. Un certain ministre des finances -par respect pour sa famille nous le
nommerons Nicolas S.- avait fait une déclaration: il voulait que l'Etat se
désendette pour que les ménages s'endettent. Mais il n'y a pas que l'Europe. Le
Japon est toujours en crise depuis les années 90, avec les même maux : emplois
précaires (1/3 des japonais sont à temps partiel - et qui vivent donc avec
moins de 560€ par mois), pauvreté, et crise immobilière qui pointe du nez.
jeanclaudefl1 à Mister tom Je vous avoue avoir beaucoup de mal a comprendre. La faiblesse du
dollar
permet aux américains d'exporter comme ils ne l'on jamais fait ! Ils en sont
à "vider" leurs stocks ! Par logique, cela devrait relancer à très
court terme
leur croissance. L'Europe n'aura pas cette chance.
Mister Tom à jeanclaudefl1: exporter
certes, mais importer?
Les Etats unis ne sont pas auto suffisant si je ne m'abuse. Rien que pour le
pétrole (et avec un baril de pétrole de 100$ qui ne peut que monter...)
Pour fabriquer leurs produits qu'ils exportent, il faut bien qu'ils importent
des matières premières...
De plus, la majorité des produits de consommation courante, comme en Europe
(vêtements, petite électronique, etc.) sont majoritairement importés et pas seulement
de Chine (bien que la Chine exporte 50% de sa production aux USA).
Et a force de faire marcher la planche a billet, le dollar risque de perdre
toute crédibilité aux yeux du monde, surtout si entre temps d'autres monnaies
restes fortes et stables.
Les américains vont effectivement nous planter...parce
qu'ils vont planter leur économie et celle de la planète avec.
Le modèle que vous décrivez (tout miser sur l'exportation) existe déjà, a déjà
été exploité, et a montré ses limites: c'est le Japon des années 80. Mais je ne
crois pas que l'industrie américaine (a part au niveau aéronautique/spatial et
en armement) soit suffisamment développée et en avance, du moins comme l'était
le Japon pour en arriver là.
Les États-Unis sont entrain de s'effondrer: l'article sur le lundi noir semble
confirmer mes soupçons. |